Qu'est-ce qu'une blockchain ?
En 5 minutes, sans jargon.
Un mot partout, une idée simple
On entend « blockchain » à propos de monnaie, d'art, de contrats. Derrière le mot se cache une seule idée, et elle est plus simple qu'il n'y paraît : un cahier de comptes que tout le monde partage et que personne ne peut truquer. Déroulez : on le construit ensemble, étape par étape.
S'accorder sans tiers de confiance
Quand Alice envoie de l'argent à Bob, c'est d'ordinaire une banque qui tient les comptes et garantit l'opération. Mais comment faire si personne ne veut — ou ne peut — jouer cet arbitre central ? Comment se mettre d'accord, entre inconnus, sur « qui possède quoi » ? C'est tout le problème que la blockchain résout.
La brique de base
Tout commence par une transaction : « Alice donne 2 à Bob ». Alice la signe avec une clé secrète qu'elle seule possède : impossible de se faire passer pour elle. Cette petite ligne, signée et infalsifiable, est l'unité de base de tout l'édifice.
On regroupe
Les transactions ne sont pas traitées une par une : elles sont rassemblées par paquets. Toutes les quelques minutes, le réseau réunit les dernières opérations dans un « bloc » — une page du grand cahier, datée et scellée.
Le cœur
Voici l'idée géniale : chaque bloc emporte une empreinte du bloc précédent — une sorte de sceau de cire calculé à partir de son contenu. Les blocs forment ainsi une chaîne, dans l'ordre, chacun accroché à son aîné. D'où le nom : block-chain, la chaîne de blocs.
Partout à la fois
Ce cahier n'est pas rangé dans un coffre : il est recopié à l'identique sur des milliers d'ordinateurs à travers le monde, appelés « nœuds ». Chacun en détient la copie complète. Il n'y a pas d'original ; personne ne le possède, et donc personne ne peut le confisquer.
Le verrou
Que se passe-t-il si un fraudeur retouche une vieille opération ? L'empreinte de ce bloc change aussitôt ; or le bloc suivant contenait l'ancienne empreinte : la chaîne ne colle plus. Toutes les copies du réseau détectent l'incohérence et rejettent la version trafiquée. Réécrire le passé reviendrait à refaire toute la chaîne, sur la majorité des machines, en même temps : en pratique, impossible.
Ce qu'il faut retenir
Une blockchain, c'est donc un registre partagé, dont les pages sont chaînées les unes aux autres pour rendre toute falsification visible, et copié par tout un réseau plutôt que gardé par une autorité unique. Le reste — bitcoin, contrats intelligents, jetons — n'est que ce qu'on choisit d'inscrire dans ce cahier.