Algorand prépare ses comptes post-quantiques

La fondation prévoit des comptes Falcon-1024 natifs dès le troisième trimestre 2026, première étape d’une migration cryptographique graduelle.

La Fondation Algorand a publié le 18 juin 2026 une feuille de route post-quantique qui fixe un premier jalon concret : le support natif des comptes post-quantiques doit arriver dans une mise à jour du protocole prévue au troisième trimestre 2026. Ces comptes utiliseront Falcon-1024, une famille de signatures fondée sur des réseaux euclidiens, conçue pour résister à des attaques que de futurs ordinateurs quantiques pourraient rendre possibles contre certaines cryptographies actuelles.

L’annonce vaut surtout parce qu’elle déplace le sujet de la démonstration vers l’intégration au protocole. Algorand avait déjà permis des comptes Falcon via des programmes LogicSig exécutés par la machine virtuelle du réseau, mais cette approche restait périphérique : elle ne donnait pas aux comptes post-quantiques le même statut dans le registre, les outils développeurs ou les règles de consensus. Le nouveau plan prévoit une représentation d’adresse compatible avec le format existant, afin d’éviter de stocker directement de grandes clés publiques dans le registre. Les SDK, AlgoKit et le portefeuille Pera sont annoncés dans la même fenêtre de publication pour la dérivation de comptes Falcon depuis la phrase de récupération Algorand à 25 mots.

Le second point important est l’« agilité cryptographique », c’est-à-dire la capacité du réseau à accepter plusieurs schémas de signature en parallèle. La Fondation indique que le protocole doit continuer à prendre en charge Ed25519 tout en ajoutant d’autres familles de signatures. Cette coexistence évite une migration brutale et permet des comptes hybrides combinant une clé classique et une clé post-quantique. Le même principe doit servir au multisig post-quantique, prévu d’ici fin 2026 pour les usages institutionnels, les trésoreries et les opérations à forts enjeux.

La feuille de route reste prudente sur le consensus lui-même. Les messages de vote d’Algorand reposent encore sur Ed25519, et la Fondation dit étudier des signatures post-quantiques, avec Falcon comme candidat possible après les travaux de compression des votes. Elle travaille aussi sur un remplacement post-quantique de la fonction aléatoire vérifiable, utilisée pour sélectionner les comités du réseau, avec un article de recherche espéré début 2027 si l’analyse aboutit. Cette prudence compte : les signatures post-quantiques ont souvent des clés et des signatures plus lourdes, ce qui pèse sur les portefeuilles, les nœuds et les frais. En clair, Algorand ne promet pas une immunité instantanée : il décrit une migration par couches, plus réaliste pour une blockchain en production.