Bittensor revoit le rôle de ses validateurs
La proposition Root Reborn déplacerait les rendements du staking TAO vers des paniers de sous-réseaux choisis par les validateurs.
Une proposition ouverte dans le dépôt officiel de Bittensor veut modifier une mécanique sensible du réseau : la façon dont les rendements du staking TAO sont distribués. Le pull request « Root Reborn », créé le 15 juin et encore ouvert, vise la branche devnet-ready du projet Subtensor. Il ne s’agit donc pas d’un changement activé sur le réseau principal, mais d’un code soumis à revue pour tester une autre manière de rémunérer les stakers du réseau racine.
Aujourd’hui, selon l’auteur de la proposition, les dividendes liés aux sous-réseaux sont automatiquement revendus en TAO pour payer les rendements de la couche racine. Bittensor fonctionne comme un ensemble de sous-réseaux, chacun consacré à une tâche ou un marché d’IA, avec ses propres incitations. La proposition inverse cette logique : les validateurs racine définiraient une répartition entre sous-réseaux, et les dividendes seraient réinvestis dans un panier d’actifs de ces sous-réseaux. Ce panier resterait rattaché au validateur, composerait dans le temps et resterait remboursable en TAO pour les stakers qui veulent sortir.
Le changement est technique, mais son enjeu est clair. Dans un protocole où l’économie des sous-réseaux dépend de flux de récompenses, vendre automatiquement les actifs reçus peut créer une pression régulière sur les prix. Root Reborn cherche à transformer cette mécanique en allocation de capital : les validateurs ne seraient plus seulement des relais de rendement, ils deviendraient des arbitres qui choisissent les sous-réseaux à soutenir. C’est aussi une forme de gouvernance économique continue, car les sous-réseaux jugés utiles attireraient davantage de réinvestissement, tandis que les autres recevraient moins de soutien.
La prudence reste nécessaire. Le même fil de revue indique des points de suivi avant un éventuel déploiement plus large, notamment la limitation du nombre de destinations dans les paniers, les garde-fous contre le slippage (l’écart entre le prix attendu et le prix réellement obtenu lors d’un échange) et la migration de données à grande échelle avant le mainnet. Pour les utilisateurs, la lecture sobre est donc la suivante : Bittensor teste une architecture où le rendement racine deviendrait moins automatique et plus sélectif. Si elle passait les revues, elle déplacerait une partie du pouvoir économique vers les validateurs, avec un bénéfice possible pour les bons sous-réseaux, mais aussi une nouvelle responsabilité à surveiller.