FANUC teste l’IA physique au geste industriel
À Automate 2026, FANUC met en avant des cobots capables d’ajuster soudage, vissage et manutention à des situations moins figées.
FANUC America a détaillé son programme pour Automate 2026 avec une série de démonstrations centrées sur la robotique industrielle pilotée par l’IA physique. Le point le plus concret est le CRX-3iA en soudage vertical montant : ce cobot léger, annoncé comme transportable par un opérateur, doit exécuter une soudure sur poutre d’acier grâce à un profil de mouvement conçu pour limiter l’affaissement du bain de fusion et reproduire une partie du geste d’un soudeur expérimenté.
L’intérêt de l’annonce n’est pas seulement d’ajouter « IA » à un stand de salon. Elle montre comment les grands fabricants de robots tentent de déplacer l’automatisation vers des tâches moins régulières, plus proches de l’atelier réel. FANUC cite aussi un CRX-20iA/L capable de serrer des boulons sur un bloc moteur en mouvement avec la technologie Inbolt et un traitement appuyé par NVIDIA. L’idée est simple à formuler, mais difficile à industrialiser : suivre une pièce qui bouge, ajuster le geste en temps réel et éviter d’arrêter la ligne pour rendre l’opération programmable.
Ces démonstrations donnent une définition pratique de l’IA physique. Il ne s’agit pas d’un modèle conversationnel ajouté à une machine, mais d’un couplage entre perception, simulation, trajectoire et contrôle. FANUC mentionne aussi l’usage d’Isaac Sim pour visualiser un jumeau numérique de palettisation, ainsi que des fonctions de suivi humain et de vision 3D pour la manutention de boîtes. Dans chaque cas, la promesse est moins spectaculaire que mesurable : réduire le temps de mise au point, adapter le mouvement à une situation changeante, ou rendre un poste automatisable sans cellule rigide construite pour une seule pièce.
Pour les usines, c’est un signal utile. Les cobots avaient surtout été vendus comme des robots simples à programmer et sûrs près des opérateurs. La nouvelle étape consiste à les rendre plus sensibles au contexte. Si ces outils tiennent en production, ils peuvent ouvrir des tâches que l’automatisation classique évitait, par exemple le soudage hors position, le vissage sur convoyeur ou l’inspection variable. La limite reste la même : une démonstration réussie sur salon ne vaut pas une qualification en atelier. Mais FANUC montre que la robotique industrielle commence à intégrer l’IA par les gestes, pas seulement par les tableaux de bord.