Les robots gagnent d’abord l’usine
L’étude mondiale de Hexagon montre une acceptation forte pour les robots de manutention et d’inspection, beaucoup plus faible pour le soin et l’école.
Hexagon a publié le 16 juin les résultats de son étude mondiale « Robot Generation », menée auprès de 9 000 adultes et 9 000 enfants âgés de 8 à 18 ans dans neuf pays. Le fait central est net : l’acceptation des robots dépend fortement de la tâche et du lieu. Selon l’étude, 68 % des adultes préfèrent qu’un robot s’occupe du levage et du transport d’objets lourds, 54 % du portage et de la livraison, et 52 % de la surveillance des dangers. En revanche, seuls 12 % choisiraient un robot pour le soin aux personnes, tandis que 71 % préfèrent un humain pour s’occuper des malades, des personnes âgées ou des enfants.
Ce résultat corrige une image trop simple de la robotique grand public. Les personnes interrogées ne rejettent pas les robots en bloc, mais elles leur assignent un périmètre. Les entrepôts et les usines apparaissent comme le terrain le plus acceptable : 63 % des adultes se disent à l’aise avec des robots dans ces environnements, contre 45 % dans les hôpitaux et cliniques, et 39 % dans les salles de classe. Cette hiérarchie est importante, car elle recoupe les usages les plus mûrs de la robotique actuelle : manutention, inspection, mesure, nettoyage, transport interne et opérations répétitives. Autrement dit, la confiance progresse quand le robot exécute une tâche définie, observable et limitée.
L’étude met aussi en évidence une génération plus familière avec ces machines. Les enfants suivent la même logique que les adultes pour les tâches physiques, avec 69 % d’entre eux préférant un robot pour le levage d’objets lourds et 59 % pour le portage ou la livraison. Ils sont aussi 50 % plus susceptibles que les adultes de considérer les robots comme de « vrais collègues ». Mais cette ouverture ne signifie pas absence de règles. Hexagon indique que 86 % des adultes jugent essentiel de définir clairement ce que les robots peuvent faire ou non. Les préoccupations citées portent surtout sur la sécurité, la fiabilité et la confiance.
Ce que cela change pour les fabricants est très concret. Le marché ne demande pas seulement des humanoïdes plus expressifs ou des démonstrations impressionnantes. Il demande des fonctions lisibles, des limites explicites et des preuves de sûreté dans des environnements où l’erreur peut être contenue. Les robots utiles ont donc intérêt à commencer par les lieux où leur rôle est évident : déplacer, mesurer, inspecter, nettoyer, alerter. Les usages plus sensibles, comme le soin, l’éducation ou l’autorité au travail, devront probablement rester assistifs avant de devenir autonomes. La brève leçon est sobre : l’adoption de la robotique ne se jouera pas seulement sur la performance technique, mais sur la clarté du contrat social autour de chaque tâche.