Kraken Robotics sécurise son pari sous-marin
Le canadien a reçu les autorisations nécessaires pour racheter Covelya, un portefeuille de capteurs et logiciels clés pour les robots sous-marins.
Kraken Robotics a annoncé le 18 juin 2026 avoir reçu toutes les autorisations réglementaires et boursières nécessaires pour finaliser l’acquisition de Covelya Group, un ensemble britannique de sociétés spécialisées dans les technologies sous-marines. L’entreprise canadienne prévoit désormais une clôture le 2 juillet 2026, sous réserve des conditions usuelles restantes. Le fait est moins spectaculaire qu’un nouveau robot humanoïde, mais il compte pour un secteur où la robotique dépend autant des capteurs, de la navigation et de l’énergie que du véhicule lui-même.
Kraken fabrique notamment des sonars à synthèse d’ouverture, des systèmes LiDAR, de l’imagerie de sub-surface et des batteries tolérantes à la pression pour véhicules sous-marins sans équipage. Covelya apporte un portefeuille complémentaire autour de Sonardyne, EIVA, Forcys, Wavefront Systems, Voyis et Chelsea Technologies, avec des briques de positionnement, communication, imagerie, mesure et surveillance. Dans la robotique sous-marine, ces briques forment souvent la différence entre un engin autonome utile et une plateforme qui reste dépendante d’un navire, d’un câble ou d’une intervention humaine fréquente.
L’enjeu immédiat est industriel. Les plateformes sous-marines autonomes, qu’elles servent à inspecter des infrastructures, cartographier les fonds, surveiller des zones sensibles ou travailler pour la défense maritime, ont besoin de mieux se repérer et de transmettre plus d’informations dans un milieu où le GPS et les réseaux radio classiques ne fonctionnent pas. En réunissant batteries, sonar, navigation acoustique, imagerie et logiciels d’opération, Kraken veut proposer davantage de systèmes intégrés plutôt qu’une addition de composants achetés séparément.
Il faut garder une lecture sobre : l’annonce ne dit pas qu’un nouveau robot est lancé aujourd’hui, ni que l’acquisition est déjà juridiquement close. Elle indique que le principal verrou réglementaire est levé et que la date visée est fixée. Pour le marché de la robotique, c’est néanmoins un signal net. La consolidation se déplace vers les couches moins visibles, celles qui rendent possible l’autonomie en conditions difficiles : voir, se localiser, communiquer, tenir plusieurs heures sous pression et ramener des données fiables.