OpenSharing veut standardiser les actifs IA
La Linux Foundation héberge OpenSharing, un protocole ouvert pour partager modèles, compétences d’agents et données entre plateformes.
La Linux Foundation a annoncé le 10 juin 2026 le lancement d’OpenSharing, un protocole ouvert et neutre destiné à standardiser l’échange d’actifs d’IA et de données entre organisations, plateformes et clouds. Le projet est hébergé par la fondation et apporté par Databricks. Son point central est simple : permettre de partager des compétences d’agents, des modèles d’IA et des volumes de données non structurées avec un cadre commun, au lieu d’empiler des intégrations sur mesure ou de passer par des places de marché propriétaires.
Le choix du mot « protocole » compte ici. Dans ce contexte, il ne s’agit pas d’un nouveau modèle d’IA, mais d’un ensemble de règles techniques pour publier, découvrir et consommer des ressources. OpenSharing prolonge Delta Sharing, un mécanisme déjà utilisé pour partager des données structurées entre plateformes. La nouveauté est l’extension vers l’IA générative et agentique : les objets à échanger ne sont plus seulement des tables, mais aussi des modèles, des compétences d’agents et des corpus moins rangés, comme des documents ou des contenus multimédias.
L’annonce arrive au moment où les entreprises tentent de connecter des agents logiciels à des bases de connaissances, des outils métier et des modèles spécialisés. Sans standard commun, chaque partenaire doit souvent construire son propre pont technique, avec ses règles de sécurité, ses formats et ses limites. La promesse d’OpenSharing est de réduire cette fragmentation : une organisation pourrait publier un actif une fois, puis le rendre consommable par plusieurs environnements, y compris des piles reposant sur Delta Sharing ou Apache Iceberg. Iceberg est un format ouvert de tables de données, utilisé pour rendre des lacs de données plus interopérables.
Le projet ne règle pas à lui seul les questions de confiance, de droit d’usage ou de qualité des données. Il donne plutôt un lieu de gouvernance ouverte pour les traiter de façon collective. C’est là que la Linux Foundation joue son rôle habituel : retirer une brique d’infrastructure du seul périmètre d’un fournisseur et la placer sous un cadre de contribution plus large. Pour les équipes IA, l’enjeu concret sera de voir si OpenSharing devient un point de passage assez adopté pour éviter la multiplication des connecteurs privés.