Robot.com lance R-noid sur roues

L’ancien Kiwibot ajoute un humanoïde mobile à son offre de robots en service, avec cinq rôles initiaux et un déploiement annoncé en quelques semaines.

Robot.com a annoncé le 22 juin 2026 le lancement commercial de R-noid, un robot humanoïde sur base roulante conçu pour des tâches répétitives dans la restauration, la logistique, la santé, l’hôtellerie et l’industrie. Le fait vérifié est précis : l’entreprise présente cinq catégories de solutions au départ, assistant de restaurant, emballeur, préparateur, plieur et hôte, couvrant 19 tâches déployables. R-noid est proposé en robot-as-a-service, c’est-à-dire comme un service facturé autour du déploiement et de l’exploitation plutôt que comme un achat simple de machine. Robot.com indique pouvoir passer d’une première visite client à une opération autonome sur site en huit à douze semaines.

Le choix d’une base roulante est le détail technique le plus révélateur. R-noid n’essaie pas de reproduire la marche humaine. Il combine deux bras à sept degrés de liberté, un torse articulé à quatre degrés de liberté, une portée verticale annoncée de 0 à 1,9 mètre et une base holonome, capable de se déplacer dans plusieurs directions sans manœuvres lourdes. Cette architecture sacrifie une partie du spectacle associé aux humanoïdes bipèdes, mais elle vise la stabilité, la répétabilité et l’intégration dans des postes déjà conçus pour des humains. Dans un entrepôt, une cuisine ou une blanchisserie, la valeur se mesure moins à la forme du robot qu’à sa capacité à atteindre, saisir, déplacer et répéter sans immobiliser l’espace autour de lui.

L’annonce met aussi en avant une pile logicielle partenariale. Robot.com cite NVIDIA Robotics, Astribot, FieldAI, Formic, Physical Intelligence, Robots for America et Yukai Engineering. La manipulation serait notamment portée par π0.7, le modèle vision-langage-action de Physical Intelligence, qui transforme une instruction et une scène observée en mouvements de bras, de mains et de base. Un modèle vision-langage-action est un système qui relie ce que le robot voit, ce qu’on lui demande et les commandes motrices nécessaires. FieldAI apporte de son côté une couche de modèles pour l’exploitation dans des environnements dynamiques, sans infrastructure préparée à l’avance.

La prudence reste nécessaire, car la source est une annonce d’entreprise et ne publie pas encore de mesures indépendantes d’autonomie, de disponibilité ou de coût total. Mais le signal est utile : Robot.com, connu auparavant comme Kiwibot dans la livraison autonome, aborde l’humanoïde par l’exploitation de flotte, la maintenance et les tâches déjà vendables. Cela déplace le débat. La question n’est plus seulement de savoir si un humanoïde peut impressionner en démonstration, mais s’il peut entrer dans un modèle de service, avec des rôles limités, des délais de mise en route courts et une responsabilité opérationnelle continue.