Les robots industriels repartent aux États-Unis
Les installations américaines ont progressé de 11 % en 2025, avec un signal fort dans l’industrie alimentaire.
La Fédération internationale de robotique a publié le 18 juin des résultats préliminaires qui replacent le marché américain sur une trajectoire de croissance nette : les installations de robots industriels aux États-Unis ont augmenté de 11 % en 2025 pour atteindre 38 000 unités. Le chiffre mérite attention parce qu’il ne raconte pas seulement un rebond après une année plus faible. Il montre surtout que l’automatisation sort un peu plus de son couloir historique, l’automobile, pour gagner des secteurs où la robotique était longtemps plus difficile à standardiser.
Le détail le plus parlant vient de l’alimentaire. Selon l’IFR, l’adoption y a progressé de 30 %, au point de rejoindre les métaux et machines et l’électrique-électronique autour de 3 000 installations chacun. L’automobile reste le premier client, avec 13 500 unités, mais elle se situe presque à plat, seulement 1 % sous le niveau de l’année précédente. Le signal est donc moins celui d’une nouvelle vague tirée par les grands constructeurs que celui d’une diffusion vers des chaînes de production plus variées, souvent sous pression de coûts, de traçabilité et de pénurie de main-d’œuvre.
L’IFR met aussi en avant la « densité robotique », c’est-à-dire le nombre de robots industriels en service rapporté à 10 000 salariés dans l’industrie manufacturière. Les États-Unis atteignent 307 robots pour 10 000 employés et remontent au huitième rang mondial. Ils restent loin de la Corée du Sud, de l’Allemagne ou du Japon, mais l’écart avec la Chine se lit autrement : la Chine a installé 295 000 robots en 2024, soit environ 54 % du marché mondial cette année-là, et l’IFR estime que ses volumes 2025 restent proches de dix fois les volumes américains.
Ce contraste explique pourquoi la statistique américaine devient aussi politique. L’association A3 a présenté une « Vision for a National Robotics Strategy » aux législateurs, avec l’idée d’un bureau fédéral dédié, d’une commission nationale, d’incitations fiscales, de formation technique et d’achats publics orientés vers des technologies robotiques domestiques. La donnée brute, 38 000 robots installés, devient ainsi un indicateur de compétitivité industrielle. Pour les fournisseurs de robotique, le message est concret : la demande américaine repart, mais la bataille se jouera moins sur un seul secteur que sur la capacité à rendre l’automatisation utilisable dans des usines plus diverses.