Les robots inspirent surtout confiance en usine
L’étude Robot Generation de Hexagon montre que l’acceptation des robots dépend d’abord du lieu, des règles et de la familiarité.
Hexagon a publié le 16 juin de nouveaux résultats de son étude mondiale Robot Generation, menée auprès de 9 000 adultes et 9 000 enfants âgés de 8 à 18 ans dans neuf pays. Le fait le plus clair tient en une comparaison : 63 % des adultes interrogés se disent à l’aise avec des robots dans des usines et des entrepôts, contre 45 % dans des hôpitaux et cliniques, et 39 % dans des salles de classe. Pour la robotique, ce chiffre rappelle que l’adoption ne dépend pas seulement des performances techniques. Elle dépend aussi du cadre social dans lequel la machine apparaît.
Le résultat est utile parce qu’il nuance le récit dominant sur les humanoïdes. Beaucoup de démonstrations récentes insistent sur la forme humaine, la polyvalence et la promesse d’une présence dans des lieux très variés. L’étude de Hexagon suggère une autre lecture : le public accepte plus facilement les robots quand la tâche est physique, répétitive ou dangereuse, et quand l’environnement paraît déjà organisé pour gérer des risques. Une usine ou un entrepôt offre des zones définies, des procédures, des opérateurs formés et des règles de sécurité visibles. Une classe ou un service de soins renvoie au contraire à des relations humaines où la délégation à une machine paraît plus sensible.
L’étude mesure aussi l’importance de la gouvernance. Selon Hexagon, 86 % des adultes considèrent que des règles claires sur ce que les robots peuvent ou ne peuvent pas faire sont essentielles. Les inquiétudes citées portent surtout sur la sécurité informatique, mentionnée par 51 % des adultes, puis sur la confiance et la fiabilité. Ce point compte pour les industriels : un robot mobile, un bras collaboratif ou un humanoïde de manutention n’est pas seulement un objet mécanique. C’est aussi un système connecté, parfois piloté par des modèles d’IA, qui perçoit son environnement, prend des décisions limitées et échange des données avec le reste de l’atelier.
La géographie de l’exposition joue enfin un rôle. Hexagon indique qu’en Chine, où 75 % des adultes disent avoir déjà rencontré des robots en situation réelle, 63 % seraient à l’aise avec un robot à domicile. Au Royaume-Uni, où l’exposition est la plus faible dans l’échantillon, cette proportion tombe à 32 %. La conclusion n’est pas que les robots doivent entrer partout rapidement. Elle est plus sobre : la familiarité, les usages bien délimités et les règles explicites peuvent compter autant que la dextérité ou l’apparence. Pour les fabricants, le chemin le plus crédible vers l’acceptation passe donc par des déploiements industriels lisibles, où le rôle du robot est précis et où la responsabilité reste compréhensible.